#3 : l'évolution musicale de Bob Marley; du rocksteady au reggae

Publié le par M@2T

 

Aux States, Bob Marley travaille la guitare et compose Bend Down Low. Sensible au mouvement d’émancipation afro-américain, il rentre en Jamaïque enrichi de son séjour. Avec ses deux compères Bunny et Peter, le trio vocal fonde sa propre marque de disque, Wail’n Soul’m, avec pour logo trois mains se tenant mutuellement le poignet en formant un triangle, symbole d’un nouveau départ.

 

Le ska laisse la place à un nouveau courant musical : le rocksteady. Plus lent, ce dernier voit le clavier et surtout la basse électrique prendre le dessus sur les cuivres. Le rocksteady annonce le reggae, qui naîtra deux ans plus tard, en 1968.


Les Wailers n’échappent pas à ce nouveau courant mais leurs morceaux prometteurs ont du mal à percer. Ils font appel au Gladdy’s All-Stars, cracks du rocksteady, pour les accompagner en studio notamment le bassiste Jackie Jackson. Ils mettent quelques bijoux en boîte comme Stir It Up mais ces morceaux sont rarement joués, les Wailers ne contrôlant aucun sound system.

Wail’n Soul’m est un échec total, c’est la traversée du désert pour Bob et ses compères.


Bob retourne travailler la terre dans son village natal pour nourrir Rita et sa fille Cedella. De son côté, Bunny purge une peine de prison de juillet 1967 à septembre 1968 pour détention de chanvre. Peter Tosh, quant à lui, reste sur Kingston pour sa carrière solo parallèle, sans plus de succès. Le trio Bob-Rita-Peter va alors rencontrer un talentueux chanteur texan noir qui va par la suite jouer un rôle méconnu mais décisif pour le groupe, Johnny Nash.


Les deux hommes sympathisent. Bob pense que Nash peut lui apporter le succès qui le fuit. Il signe un contrat d’exclusivité avec l’impresario de ce dernier, imité par Rita et Peter Tosh.

Avec leurs compères des Gladdy’s All-Stars, ils gravent d’excellents morceaux rocksteady : Rock to the Rock, Rocking Times… Jonnhy Nash enregistre également quelques morceaux en Jamaïque avec des musiciens choisis et des morceaux composés par Bob. Le succès est au rendez-vous et Nash lance le rocksteady jamaïcain aux Etats-Unis. De leur côté, les Wailers ne sortent qu’un 45 tours aux States, au Canada et en France mais celui-ci passe inaperçu. La frustration est à son comble alors que Rita donne un premier fils à Bob, David « Ziggy » Marley.




Le rythme s’accélère et le mento s’invite à la mélodie : le reggae apparaît. Alors que différents artistes en revendiquent la paternité, la première version de Soul Rebel de Bob Marley (pour Johnny Nash) est un des premiers morceaux du genre. 1969 voit la musique jamaïcaine migrer vers la Grande-Bretagne, où on trouve une forte population de Jamaïcains immigrés.


La famille Marley emménage près de Philadelphie, chez la mère de Bob et son nouveau mari, où elle passera la majeure partie de l’année. Johnny Nash et Danny Sims font enregistrer quelques morceaux à Bob et Rita auxquels ils n’y aura pas de suite. Bob garde toutefois contact avec les deux hommes. Rita devient employée de maison chez une famille blanche et Bob travaille dans une usine automobile Chrysler. De plus en plus sensibilisé au mouvement pour les droits civiques des Afro-américains, c’est avec la conscience de libération noire développée qu’il rentre à Kingston...

Publié dans Musique

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