L'histoire de Venise (2/2)

Publié le par M@2T

Venise, capitale culturelle

 

Au début du XVIe siècle, Venise comptait environ 200.000 habitants. La Sérénissime venait de perdre son statut de puissance commerciale et politique, mais ce ne fut pas sa fin pour autant. Sous l'élan de la classe aristocratique et des confréries religieuses, Venise devint un centre de bouillonnement culturel et artistique.

 

veduta venezia jacopo de barbarivue de Venise vers 1500  par Jacopo de' Barbari 

(gravure sur bois composée de 6 grands blocs de bois)

 

De nombreux artistes célèbres naquirent ou s'installèrent à Venise :

  • peinture > Bellini, Le Titien, Le Tintoret, Véronèse...
  • sculpture et architecture > Sansovino, Palladio, da Ponte...
  • musique > Gabrieli, Monteverdi, Vivaldi...
  • littérature > Goldoni, Gozzi...

En parallèle de ce bouillonement artistique, Venise était une fête perpétuelle où toute occasion était sujette au divertissement : théâtres et concerts, fêtes publiques ou privées, réception d'illustres étrangers... sans oublier le carnaval qui durait à l'époque plusieurs mois (voir article sur le carnaval).

 

Au XVIIIe siècle, Venise comptait parmi les villes les plus raffinées d'Europe, où les arts et la littérature s'épanouissaient pleinement.

 

De la fin de l'indépendance au rattachement au royaume d'Italie

 

La fin du XVIIIe siècle fut fatale à la République de Venise. L'Europe était alors en conflit suite à la Révolution française. En 1796, l'armée française dirigée par le général Bonaparte lança une offensive contre les Autrichiens et les Sardes, qu'elle remporta en s'emparant de Milan et de la Lombardie.

  

La France proposa alors une alliance à Venise, mais la cité déclina le traité. En réponse à ce refus, Bonaparte prit les rives de la lagune et posa un ultimatum à la cité, en la menaçant avec des canons à portée de tir.

    

C'est ainsi que, le 12 mai 1797, le Grand   Ludovico Manin

Conseil vota la fin de la  République et

que les troupes  françaises prirent

possession de la ville. Cette ratification,

accompagnée  par la démission du 120ème

et dernier doge Ludovico Manin, marqua

la fin de 1000 ans d'indépendance et la

première occupation de l'histoire de la

Sérénissime par des étrangers.

 

Quelques mois plus tard, en octobre 1797, la France et l'Autriche signèrent le traité de Campo-Formio, au nom duquel Venise et la Vénétie furent annexées à l'Autriche.

En 1805, Napoléon Bonaparte, devenu Empereur des Français, reprit la Vénétie aux Autrichiens et l'intégra au Royaume d'Italie qu'il avait créé et dont il s'était fait proclamer roi.

En 1814, l'Autriche prit possession de toute l'Italie du Nord, suite à l'abdication de Napoléon. Venise se vit alors imposer de lourds impôts et droits de douanes, réduisant la population à la misère.

 

Dans les années 1840, les Autrichiens modernisèrent la cité avec de nouvelles voies de communication et un éclairage au gaz. Le chantier majeur de cette modernisation fut la construction d'un pont ferroviaire sur la lagune reliant Venise à Milan. Celle-ci se termina en 1846, mettant ainsi fin à l'insularité de Venise.

 

En 1848, suite à une série d'insurrections dans plusieurs villes, le Royaume de Piémont-Sardaigne, à la tête d'une alliance avec d'autres Etats italiens, déclara la guerre à l'Autriche pour obtenir l'indépendance de l'Italie.

Le 17 mars, Venise s'insurgea et chassa les Autrichiens de la ville, puis proclama la création de la République de Saint-Marc.

L'alliance entre les Etats italiens ne dura pas très longtemps, et le Royaume de Piémont-Sardaigne fut très vite seul face à l'Autriche, aussi accepta-t-il un armistice dès août 1848.

La cité de Venise se retrouva rapidement isolée mais elle résista durant 18 mois au siège autrichien avant de capituler le 22 août 1849, affaiblie par la faim et le choléra.

 

En 1859, une nouvelle guerre éclata à l'initiative du Royaume de Piémont-Sardaigne, soutenu par Napoléon III. Au terme des batailles de Magenta et Solferino, l'Autriche perdit le contrôle de la Lombardie mais conserva celui de la Vénétie.

 

Cette victoire franco-sarde relança l'élan d'unité nationale italienne, entraînant rapidement la réunion des royaumes de Sardaigne, de Toscane, de Romagne, de Parme, de Modène et de Lombardie. Le Royaume de Piémont-Sardaigne fut toutefois contraint de céder la Savoie et Nice à la France pour conserver le soutien de celle-ci.

 

En 1860, ce nouveau royaume déclara la guerre au Royaume des Deux-Siciles qu'il annexa l'année suivante au terme de nombreuses batailles. A l'issue de cette guerre, une constitution fut adoptée et Victor Emmanuel II de Savoie devint roi d'Italie, dont seules Venise et Rome n'appartenaient pas.

 

En 1866, l'Italie s'allia à la Prusse, alors en guerre contre l'Autriche, dans le but d'annexer la Vénétie à son royaume. Après une série de défaites, l'armée de Garibaldi réussit à mettre l'Autriche en déroute à Bezzecca, mais la Prusse signa un armistice avec cette dernière, obligeant l'Italie à déposer les armes.

 

Lors de la signature du traité de paix, la Prusse contraignit l'Autriche à céder la Vénétie à l'Italie, mais l'empereur François-Joseph tenta une manoeuvre en la donnant à Napoléon III pour briser les relations franco-italiennes. Cette tentative échoua, Napoléon III cédant Venise aux Italiens en accord avec le traité de 1859, par lequel la France avait annexé  la Savoie.

 

C'est ainsi que Venise fut définitivement rattachée au Royaume d'Italie, suite à la tenue d'un vote unanime des Vénitiens.

Rome fut à son tour annexée en 1870 et devint capitale l'année suivante, marquant ainsi la fin de l'unification italienne.

 

Venise devint dès lors un chef-lieu de province, et progressivement une destination touristique internationale, au caractère romantique.

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