Copenhague : la désillusion

Publié le par M@2T

Le sommet de l'ONU sur le climat s'est cloturé le 18 décembre dernier au Bella Center de Copenhague par un compromis bien loin de toutes les espérances escomptées.

Tout le monde semblait pourtant optimiste à l'ouverture du sommet le 7 décembre, mais des incidents de procédure de la part de la présidence danoise et une mise de côté du protocole de Kyoto ont rapidement attisés les méfiances au sein des délégations des pays pauvres.

Les ONG ont par ailleurs été évincées des négociations durant la semaine, le nombre d'accréditations fondant comme neige au soleil : de 22 000 à 90 au fil des jours!

Devant la confusion et afin d'éviter un échec total, une réunion d'urgence est programmée jeudi 17 à 23h, durant laquelle un groupe de 26 pays représentatifs travaille afin d'établir les bases d'un accord. La réunion se prolonge jusqu'au bout de la nuit sans déboucher sur une déclaration, les dissensions entre les délégations étant trop fortes pour y parvenir.

Les négociations se poursuivent le vendredi 18 entre les chefs d'Etats et de gouvernements de ses mêmes 26 pays, essentiellement menées par les Etats-Unis et la Chine,  les 2 principaux pollueurs ; l'Europe n'arrivant pas à se faire entendre. Plusieurs versions d'un projet d'accord se succèdent, à chaque fois moins contraignant, jusqu'à 22h où un texte de 3 pages est dévoilé aux participants de la conférence, bien qu'il ne soit pas finalisé.

Devant le peu de contraintes négociées, de nombreux petits pays ont rejeté l'accord (Tuvalu, Venezuela...) qu'ils jugent insuffisant pour répondre au défi  du changement climatique. En effet, ce texte ne fixe pas le moindre objectif chiffré de réduction d'émissions de gaz à effets de serre ; tout comme il ne prévoit pas de création d'un comité international de l'environnement, laissant ainsi les Etats libres de mettre ou non à l'oeuvre leurs engagements annoncés en début de sommet. Ce point traduit une régression pa rapport au protocole de Kyoto, qu'il n'est d'ailleurs pas prévu de prolonger dans le texte !!!!!

Il ressort toutefois une bonne chose de cet accord puisque les chefs d'Etats des pays riches ont accepté d'aider les pays en voie de dévelloppement à s'adapter aux impacts du changement climatique par le biais d'un financement de 30 milliards de dollars d'ici 2012.

Au terme du sommet, l'Onu a "pris note" de l'accord, bien que celui-ci n'est pas été signé n'ayant pas valeur de traité. Ban Ki-Moon, le secrétaire général de l'ONU, a toutefois déclaré que Copenhague était "une étape essentielle" tout en admettant que "ce n'est peut-être pas tout ce que nous espérions". "Nous devons maintenant transformé cet accord en traité contraignant. Nous essaierons de parvenir à ce traité contraignant le plus tôt possible en 2010" a-t-il ajouté.

2010 s'annonce donc comme une année cruciale pour la lutte contre le réchauffement climatique. Tout d'abord, les Etats doivent indiquer à l'ONU ce qu'ils comptent faire à l'horizon 2020 avant le 31 janvier. Par la suite, une conférence est prévue en juin à Bonn (Allemagne) où l'ONU fera le point et préparera le prochain rendez-vous sur le climat : le sommet de Mexico, fin 2010.

Pour que ses nouvelles conférences ne soient pas des Copenhague-bis, c'est à chacun d'entre nous de poursuivre l'engagement qui est né à traves le monde ses derniers mois afin de maintenir la pression sur les chefs d'Etats et de gouvernements, pour que ceux-ci prennent enfin les mesures nécessaires pour sauver notre belle planète.
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article