TJF#2 : la reconnaissance internationale et son "rôle" de porte-parole (1996~2009)

Publié le par M@2T

Tout comme pour Mangercratie, on retrouve un fort engagement de Tiken Jah Fakoly dans ces 2 albums suivants : Cours d'Histoire (1999) et Caméléon (2000). Elevé au rang de porte-parole des sans-voix par le peuple ivoirien, il rencontre de nombreux problèmes par ses prises de position. Cela se traduit tout d'abord par la censure de certaines chansons, puis par des menaces. Fin 2000, l'arrivée de Laurent Gbagbo et du FPI (Front Populaire Ivoirien) à la tête du pays, dans de mauvaises conditions d'élection, ravive les tensions ethniques et la ségrégation commence.

En 2002, Tiken sort l'album Françafrique, axé sur les préoccupations de l'Afrique post-coloniale. Cet album est celui de la reconnaissance internationale. Alors qu'il est à Paris pour un concert, la guerre civile éclate en Côte d'Ivoire le 19 septembre 2002. Le pays est divisé entre les deux principales ethnies : les Dioulas (dont Tiken est issu) au nord et les Bétés (ethnie du président Gbagbo) au Sud. Apprenant que les escadrons de la mort sont passés à son domicile d'Abidjan, Tiken décide de ne plus remettre les pieds dans la capitale ivoirienne et s'exile au Mali voisin, à Bamako.

En février 2003, Tiken reçoit la Victoire de la Musique récompansant l'album reggae/ragga/world pour Françafrique, victoire qu'il dédie à l'Afrique indépendante en réclamant le retrait de l'armée française. L'année suivante, il sort son 7è album Coup de Gueule. Les textes toujours engagés dénoncent l'injustice et les inégalités qui règnent dans son pays et dans l'Afrique en général. L'album, tout comme le précédent, devient disque d'or. La tournée qui suit est un succès, Tiken attirant le public en masse au point de jouer à guichet fermé au Zénith de Paris.

En 2006, il ouvre son propre studio d'enregistrement au coeur de Bamako, qu'il baptise "H Camara" en mémoire de son ami et comédien ivoirien Yêrêfê Camara, mort 3 ans plus tôt assassiné par les escadrons de la mort. C'est dans ce studio qu'il réalise l'album L'Africain (2007), entouré de ses fidèles compagnons des Djelys. Dans ce nouvel opus, Tiken s'attaque à la politique d'immigration des pays occidentaux (triptyque Ouvrez Les Frontières / Où Aller Où ? / Africain à Paris ; co-écrit par l'ex-membre de Zebda Magyd Cherfi), s'indigne des coutumes de mariage (Ayebada) et des mutilations sexuelles (Non à l'Excision) encore pratiquées en Afrique, ou bien rend hommage aux soldats engagés dans des guerres qui les dépassent (Soldier, en duo avec Akon).

L'album se termine toutefois par une lueur d'espoir avec le morceau Ma Côte d'Ivoire en duo avec son ami Beta Simon (d'origine Bété), véritable message de réconciliation riche en symbole car un processus de paix s'est formalisé quelques mois plus tôt entre les factions politiques ivoiriennes. C'est dans ces conditions d'appaisement que Tiken peut enfin retourner au pays, en participant à 2 concerts sur sa terre natale : l'un à Abidjan, l'autre à Bouaké au nord. A l'image de son idole Bob Marley en 1978, il rentre d'exil en héros.

Le 8 décembre, Tiken réalise le concert le plus engagé de sa carrière devant un public d'Abidjan déchaîné. Il profite de ce séjour pour rencontrer les leaders politiques et leur exprimer son désir de voir la Côte d'Ivoire sortir de la crise. 2007 est aussi l'année de création du label Fakoly Production, dont le but est de promouvoir la nouvelle génération de chanteurs africains grâce à la notoriété de Tiken. Beta Simon (Kraity Payan Guez, 2007) et Jah Verity (Président Boulanger, 2008) ont notamment signé sur ce label.

En 2008, Tiken et son groupe effectuent une grande tournée qui les mènent en France, Belgique, Luxembourg, Irlande, Québec... Lors de son concert au Festival of World Cultures à Dublin le 23 août, il reçoit le Freemuse Award, prix qui récompense son combat et son rôle de porte-parole des sans-voix d'Afrique. De cette tournée sont parus en fin d'année un CD et un DVD enregistrés lors de son passage à Paris (Live à Paris, 2008).



2009 est une année résolument tournée vers l'Afrique avec le lancement du projet Un Concert, Une Ecole, série de concerts dans plusieurs pays d'Afrique visant à promouvoir l'éducation scolaire de la jeunesse africaine, dont les bénéfices sont reversés au profit d'un fond spécial qui finance la création d'écoles en Afrique. La tournée, parrainée par Cheick Modibo Diarra (astrophysicien malien, président de Microsoft Afrique et ambassadeur de bonne volonté de l'UNSECO), est déjà passé par Conakry (Guinée), Abidjan (Côte d'Ivoire), et Ouagadougou (Burkina Faso).

L'album Radio Libre est par ailleurs sorti cette année. A cette heure il n'est distribué qu'en Afrique, je ne pourrais donc malheureusement pas vous en faire découvir d'extraits. Les 8 titres de cet album visent à attirer l'attention du peuple africain sur le monde et ses changements. Tiken s'exprime ainsi sur l'élection d'Obama (Changement Historique) ou encore sur le coup d'Etat en Mauritanie (Mon Général). Pour entendre quelques extraits de cet album, rendez-vous sur le myspace officiel de Tiken Jah Fakoly
http://www.myspace.com/tikenjahfakolyafrique .

Publié dans Musique

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