TJF#1 : de l'enfance à ses débuts (1968~1996)

Publié le par M@2T

Tiken Jah Fakoly naît à Odienné, au nord de la Côte d'Ivoire, sous le nom de Moussa Doumbia. Enfant né de la 2ème femme d'un foyer polygame, il grandit dans l'inégalité. Son surnom de Tiken lui vient de son père qui l'appelle ironiquement "tieni" ("petit garçon" en dioula). Ce dernier l'envoie rapidement loin des tentations de la ville, dans le village de Gbelaban, à la frontière guinéenne, pourqu'il y poursuive ses études. C'est à Gbelaban que Tiken découvre les chansons de Bob Marley et Burning Spears, et qu'il se passionne pour le reggae. Devant cet engouement, ses proches l'affublent du surnom "Jah".

Son patronyme d'artiste lui vient de son ancêtre mythique Fakoly Koumba Fakoly Daba, qui au XIIIè siècle libéra l'empire mandingue de la mainmise de son oncle Soumaoro Kante aux cotés du guerrier et futur empereur Sundjata Keita. C'est par fierté de cette filiation que Tiken Jah reprend le nom de son aïeul.

L'année 1981 est importante pour Tiken. Outre la disparition brutale de son idole Bob Marley, c'est le succès du 1er album de son compatriote Alpha Blondy qui lui donne la confiance nécessaire pour s'investir pleinement dans sa passion. Il lui faut tout d'abord pour cela imposer son choix à sa famille qui n'accepte pas sa décision. Le décès de son père en 1987 n'y change rien puisqu'il doit se plier aux décisions de son frère aîné et faire avec lui du commerce entre Odienné et les pays frontaliers.

Mais Tiken Jah n'oublie pas pour autant son amour pour la musique. Il compose ses premières chansons en cachette et en 1989 il franchit le pas en fondant un groupe avec quelques amis : les Djelys. Le groupe est repéré lors d'un concert à Abidjan, sélectionné pours un concours d'orchestre, puis il sort sa 1ère cassette en 1993 intitulée Les Djelys. Malheureusement, le président ivoirien "père de la nation" Felix Houphouet Boigny meurt au même moment et les chansons passent inaperçues en cette période de deuil. Tiken ne baisse pas les bras et le groupe sort Missiri en 1994.

C'est à cette période qu'il fait deux rencontres décisives. Tout d'abord avec un jeune coopérant français en poste à Odienné, Olivier Taraud dit Spank, qui devient guitariste du groupe et apporte son savoir-faire musical acquis en Europe. Pour clore cette aventure commune, le groupe enregistre Mangercratie avant le retour de Spank en France. Sorti en Côte d'Ivoire début 1996, l'album remporte très vite un vif succès dans tout le pays. Les chansons passent en boucle à chaque coin de rues, dans les bus...


Ce succès, Tiken le doit en partie à Thierry et Sophie Gros, également résidents français en Côte d'Ivoire, qui croient très tôt au talent du chanteur. Ils vont de ce fait promouvoir sa carrière en finançant Mangercratie, puis en devenant son manager par la création en 1999 de l'association Louma à Paris qui vise à assurer la production des albums et l'organisation des concerts. Sophie Gros tiens d'ailleurs toujours ce rôle.

                                                                                A suivre...

Publié dans Musique

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