#5 : la gloire tant attendue et la tragique disparition du mythe Bob Marley

Publié le par M@2T



Bunny et Peter partis de leurs côtés, Bob modifie son groupe de musiciens en faisant appel au I Three, choeur composé de son épouse Rita, Marcia Griffith et Judy Mowatt, ainsi qu'au guitariste américain Al Anderson. Les frères Barrett, Seeco et "Touter" Harvey, restés fidels à Bob, complète le groupe qui reprend le nom de Bob Marley & the Wailers. Le somptueux album Natty Dread, aux thèmes militants et compositions subtiles, est le premier album solo de Bob. Les titres Lively Up Yourself, Rebel Music, Them Belly Full et même No Woman, No Cry n'arrivent toutefois pas à faire décoller les ventes de ce disque monumental.

En 1974, Eric Clapton donne un coup de pouce un destin en reprenant I Shot the Sherriff et en se issant n°1 aux Etats-Unis. Le grand public entend enfin parler de Bob et accourent à ses concerts. En 1975 à Londres les pompiers doivent repousser la foule trop importante à la lance à incendie lors d'un concert au Lyceum. L'album Live est enregistré lors de ce concert et la version public de No Woman,  No Cry passe sur toutes les ondes anglaises.

L'album suivant Rastaman Vibration est classé dans les 10 premières ventes aux Etats-Unis pour l'année 1976. On y trouve les morceaux Roots Rock Reggae et Positive Vibration, ainsi que War qui reprend le dicours prononcé par Haïlé Sélassié à l'O.N.U. au nom du Tiers-Monde. L'écho de son succès augmente jour après jour en Jamaïque et le premier ministre  Michael Manley organise un concert "pour l'unité nationale" 10 jours avant les élections de 1976. Bob ne veut pas y participer par méfiance envers les politiciens mais finit par accapter sous la pression. L'opposition de droite tente alors de tuer Bob ; un soir deux voitures surgissent au 56 Hope Road. Le manager Don Taylor est gravement blessé (il s'en sort grâce à une opération à Miami), Rita est touchée et Bob touché au bras échappe de justesse à la mort, une balle l'ayant effleuré à la poitrine.

Pour ne pas perdre la face, l'attaché de presse de Bob le convainct de ne pas annulé le concert. Accompagné de 200 amis le protégeant de leurs corps sur scène, Bob chante Trench Town Rock dont le passage "One good thing about music, when it hits you, you feel no pain" ("Ce qui est bon avec la musique, c'est que lorsqu'elle te frappe, tu ne ressens pas de douleur") prend un sens particulier, montre ses blessures au public, puis disparaît de scène et s'exile durant 14 mois.

Arrivé à Londres en décembre 1976, Bob compose durant les 6 mois qui suivent les chansons des futurs albums Exodus et Kaya qu'il enregistre avec son groupe dans les studios de Island. Le chef d'oeuvre Exodus ( célébré meilleur album du XXe siècle par le magazine Time) paraît le 3 juin 1977 et révèle le tube Jamming.  Le groupe commence alors une grande tournée européenne au départ de Paris, où Bob se blesse au gros orteil droit lors d'un match amical de football contre des représentants du monde du spectacle parisien (comme un an plus tôt à Kingston où il avait soigné seul sa blessure) mais laisse trainer la blessure quelques jours. Lors de son passage à Londres pour une série de concerts au théâtre Rainbow, il passent des analyses qui lui révèlent qu'il à un mélanome, cancer de la peau dû à une trop longue exposition au soleil. La tournée américaine prévue dans la foulée est annulée, Bob se fait amputer l'orteil.

Les titres Sun Is Shining et Is This Love parraissent l'année suivante sur l' excellent Kaya, album qui confirme le statut de star internationale à Bob. En Jamaïque, le premier ministre socaliste Manley (réélu 2 ans plus tôt suite à la tentative d'assassinat sur Bob et son concert) et son opposant pro américain Seaga signe une trève et et viennent chercher Bob pour sceller la paix lors d'un concert historique le 22 avril 1978. A la fin du concert,, Bob réuni les deux "ennemis" sur scène, joint leurs mains au-dessus de sa tête et bénie la puissance de Jah Rastafari. Pour cet évènement sans précédent, Bob reçoit le mois suivant la médaille de la paix des Nations Unies ; c'est l'apogée de sa carrière.

S'en suit  une tournée sur 2 ans à travers le monde dont un concert à Paris le 26 juin 1978, d'où est enregistré l'album Babylon By Bus (et non pas en Allemagne comme indique le livret). Fin 1978, Bob se rend dans la communauté rasta de Shashemene en Ethiopie. Lors d'un concert à Boston pour les combattants de la liberté en Afrique l'année suivante, il prononce un discours fort sur la reconnaissance de Haïlé Sélassié comme Dieu, l'unification de l'humanité et la légalisation du chanvre. Après être passé par le Japon, l'Australi et la Nouvelle-Zélande, il se rend au Zimbabwe  le 17 avril 1780 pour donner un concert lors des fêtes d'indépendance du pays.

Epuisé par sa tourné et affaibli par son mélanome, Bob retourne en studio pour enregistrer l'album Survival dans lequel on retrouve la chanson Zimbabwe ainsi que les compositions So Much Trouble In The World et Africa Unite entre autres; suivi de Uprising et son émouvante Redemption Song, déclaration testamentaire de Bob qu'il interprète seul à la guitare sèche.

Débute alors l'ultime tournée aux Etats-Unis. Le 21 septembre 1980, au lendemain du concert triomphal du Madison Square Garden à New York, Bob s'effondre dans Central Park lors de son footing quotidien. Il prend conscience qu'il ne lui reste que peu de temps à vivre, il monte une dernière fois sur scène à Pittsburgh le 23 septembre puis part en Allemagne où le docteur Issels, ancien membre du parti nazi et grand spécaliste du cancer, lui permettra de vivre quelques mois au prix de grandes souffrances. Début mai 1981, il n'y a plus d'espoir et Bob, qui a rasé ses dreadlocks, rejoint sa famille à Miami où il meurt le 11 mai.

Le 20 mai, des funérailles nationales sont célébrées à Kingston . Des milliers de gens lui rendent un dernier hommage tout le long de la route lors du passage du cortège qui emmène Bob Marley dans le mausolée où il est enterré à Nine Miles, dans son village natal. Le monde entier est sous le choc de la disparition de cet homme venu d'un pays pauvre qui aura toute sa vie durant combattu l'injustice subbie par le Tiers-Monde de façon pacifique.

De nombreux enregistrements et albums sortiront à titre posthume à commencer par l'album Confrontation que Bob n'a pas eu le temps d'achever  et qui comprend le désormais classique Buffalo Soldier. Le mythe Bob Marley  a de nos jours atteint des proportions hors-normes et l'homme, qualifié de prophète par certains, reste un symbole universel de liberté.

Publié dans Musique

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